Guide complet de mise en conformité RGPD de votre site web
1. Cartographier les données collectées par votre site
La première étape de mise en conformité consiste à faire l’inventaire de toutes les données personnelles que votre site web collecte, traite ou stocke. Cette cartographie des données vous permet d’identifier clairement :
- Quelles données : informations de contact via formulaires, données de navigation via cookies, adresses IP, données de paiement, etc.
- Où et comment elles sont stockées : base de données du site, outils analytics, CRM, backups…
- Qui y a accès : développeurs, équipe marketing, prestataires externes (sous-traitants) ; et si des transferts hors UE ont lieu (par exemple vers des services cloud américains).
- Pourquoi elles sont collectées : finalités précises (ex. finalité marketing pour une newsletter, finalité logistique pour une livraison, etc.).
En documentant ces éléments, vous pourrez constituer ou compléter votre registre de traitements (obligatoire pour les grandes entreprises ou traitements sensibles). Cela vous aidera à repérer les points non conformes et à prouver votre démarche d’accountability (responsabilisation) en cas de contrôle.
Assurez-vous d’associer à chaque traitement une base légale RGPD valide (par exemple, consentement de la personne, intérêt légitime de l’entreprise, obligation légale, etc.). Sans base légale appropriée, le traitement est interdit.
Checklist : Recensez chaque formulaire, cookie, plugin ou outil de votre site manipulant des données personnelles. Documentez pour chacun la nature des données, la finalité, la durée de conservation prévue et les accès/transferts. Ceci vous servira de feuille de route pour la suite de la mise en conformité.
2. Rédiger des mentions légales, une politique de confidentialité claires et une politique de cookies
Une fois l’inventaire fait, il faut informer clairement vos utilisateurs. Le RGPD impose une transparence totale sur la collecte et l’utilisation des données. Concrètement, votre site doit comporter :
- Des mentions légales à jour, incluant l’identité du responsable du traitement (généralement votre entreprise), les finalités de traitement des données et le fondement juridique (consentement, contrat, obligation légale…).
- Une politique de confidentialité détaillée, rédigée dans un langage clair et accessible, qui explicite :
- Les types de données personnelles collectées sur le site et pourquoi (finalités précises) ;
- Qui sont les destinataires des données (services internes pertinents, sous-traitants, partenaires) ;
- La durée de conservation de chaque catégorie de données ;
- Les droits des utilisateurs sur leurs données (droit d’accès, rectification, effacement, opposition, limitation, portabilité) et comment les exercer concrètement (email ou formulaire de contact du DPO, par exemple) ;
- Le cas échéant, les transferts de données hors de l’UE et les garanties associées (par ex. clauses contractuelles types).
Assurez-vous que cette politique de confidentialité soit facilement accessible (un lien en footer du site, et rappelée lors de la collecte de données, par exemple sous les formulaires). Toute information floue ou incomplète jouerait en votre défaveur en cas de litige. Pour les sites e-commerce ou traitant des données sensibles, il est recommandé de faire relire ces textes par un expert juridique ou votre DPO afin qu’ils couvrent bien toutes les obligations.
Checklist : Publiez sur votre site une politique de confidentialité conforme, comprenant au minimum : nature des données collectées, finalités, base légale, durée de conservation, droits des personnes et contact pour les exercer. Pensez à la lier dans vos formulaires et pied de page. Mettez également à jour vos Conditions Générales d’Utilisation/Vente (CGU/CGV) pour y inclure des clauses sur la protection des données et la conformité RGPD.
Note : Ces exemples n’incluent pas de paragraphe sur les cookies qui seront listés dans une page dédiée.
3. Obtenir un consentement explicite pour les cookies et traceurs
La gestion des cookies et autres traceurs est sans doute l’aspect le plus visible du RGPD pour les sites web. Les bandeaux cookies sont désormais familiers aux internautes – mais encore trop de sites ne respectent pas les règles en vigueur. En complément du RGPD, la directive ePrivacy (transposée en France par l’article 82 de la loi Informatique et Libertés) impose en effet le consentement préalable de l’utilisateur avant tout dépôt de cookies non strictement nécessaires.
En pratique : dès la première visite sur votre site, un bandeau de consentement doit s’afficher, présentant de façon concise :
- L’identité du site et sa finalité d’utilisation de cookies (ex. “Notre site utilise des cookies pour mesurer l’audience et vous proposer des contenus personnalisés.”).
- Le choix explicite offert à l’utilisateur : accepter ou refuser les cookies, voire paramétrer finement par finalité. Le refus doit être aussi simple que l’acceptation (par exemple, deux boutons “Tout accepter” et “Tout refuser” de visibilité égale, plus un bouton “Personnaliser mes choix”).
- Un lien vers la politique de cookies détaillée incluant la liste de tous les cookies/utilisateurs de traceurs, avec pour chacun son nom, sa finalité, sa durée de conservation, et s’il requiert le consentement ou non (certains cookies techniques en sont exemptés).

Il faut que ce bandeau respecte les recommandations de la CNIL : pas de cases pré-cochées, pas de design trompeur (ou dark patterns) incitant fortement à “Tout accepter”, et que le silence ou la poursuite de la navigation soit interprété comme un refus du consentement par défaut.
Autrement dit, tant que l’utilisateur n’a pas cliqué “Accepter”, aucun cookie non essentiel (analytics, publicité, réseaux sociaux…) ne doit être activé.
N’oubliez pas non plus de :
- Configurer vos outils de mesure d’audience pour qu’ils n’installent pas de cookies sans consentement (ou opter pour des solutions sans cookies si possible).
- Proposer un moyen de revoir son choix ultérieurement (par exemple un petit onglet “gérer les cookies” toujours accessible permettant de modifier son consentement).
Checklist : Implémentez un gestionnaire de consentement (CMP) conforme. Vérifiez que :
- Avant consentement, vos scripts d’analyse ou de pub sont bloqués.
- Votre bandeau comporte bien un bouton “Refuser” aussi facile d’accès que “Accepter”.
- Votre page “Politique de cookies” est à jour avec la liste exhaustive des traceurs et leurs caractéristiques.
(À savoir : certains cookies strictement nécessaires au fonctionnement du service sont exemptés de consentement – par ex. cookies de panier, d’authentification de session, de personnalisation de l’interface utilisateur, ou de mesure d’audience anonyme sous conditions. Mais une information claire sur leur utilisation reste requise.)
4. Garantir la sécurité des données et prévenir les violations
La sécurité des données personnelles est un pilier du RGPD. Les grandes entreprises et DSI sont particulièrement conscientes des risques liés aux failles de sécurité (data breaches). Vous devez mettre en place des mesures techniques et organisationnelles adaptées au niveau de sensibilité des données collectées. Parmi les bonnes pratiques :
- Chiffrer les échanges : Le site doit être en HTTPS avec un certificat SSL valide pour chiffrer les données en transit.
- Protéger les accès aux bases de données : Utilisez des mots de passe robustes pour les comptes administrateurs, mettez en place une double authentification si possible, segmentez les droits d’accès (principe du moindre privilège).
- Sécuriser le stockage : Chiffrer les données sensibles au repos (chiffrement des bases de données ou des backups), stocker les mots de passe sous forme de hash sécurisé (par ex. Bcrypt, Argon2) et non en clair.
- Maintenir votre site à jour : Appliquez régulièrement les mises à jour de sécurité de votre CMS, de vos plugins et de votre serveur. La plupart des attaques exploitent des vulnérabilités connues non corrigées.
- Planifier la gestion des incidents : Préparez un plan de réponse en cas de violation de données (procédure de notification à la CNIL sous 72h, information des utilisateurs si le risque est élevé, etc.).
Pour les entreprises de grande taille, il est recommandé de réaliser des tests d’intrusion et audits de sécurité réguliers, et de former les équipes internes aux bonnes pratiques (sensibilisation phishing, politique de mots de passe, etc.). La CNIL publie d’ailleurs un guide de sécurité des données personnelles (dernière mise à jour 2024) pouvant servir de référence. L’objectif est d’être proactif : non seulement vous protéger des fuites de données (qui peuvent coûter très cher en amendes et en image de marque), mais aussi pouvoir démontrer que vous avez tout mis en œuvre pour sécuriser les informations confiées par vos clients.
Checklist : Contrôlez point par point la sécurité de votre site : certificat SSL en place, tests de vulnérabilité effectués, sauvegardes régulières et chiffrées, journalisation des accès, procédure de réponse aux incidents documentée. En cas de doute, faites auditer votre site par des experts en cybersécurité. Une violation de données non gérée correctement peut non seulement entraîner une sanction RGPD, mais surtout une perte de confiance irréversible de vos utilisateurs.
5. Minimisation des données collectées et limitation de la conservation
Le RGPD consacre un principe de “minimisation” : ne collecter que les données strictement nécessaires à vos finalités. Pour chaque formulaire ou traqueur sur votre site, posez-vous la question : “Ai-je vraiment besoin de cette information ?” Par exemple :
- N’exigez pas plus de champs que nécessaire dans vos formulaires (inscription, contact, commande…). Pour une inscription newsletter, un email suffit – le nom ou le téléphone sont superflus. Pour un achat, les données livraison/facturation sont nécessaires, mais pas la date de naissance à moins d’une raison légale ou marketing clairement justifiée.
- Ne rendez pas obligatoires des champs optionnels. Si le numéro de téléphone n’est pas indispensable, laissez-le facultatif ou ne le demandez pas.
- Évitez les formulaires “fourre-tout” qui collectent des données “au cas où” – c’est contraire à l’esprit du RGPD.
Ensuite, limitez la durée de conservation des données personnelles. Le RGPD impose que les données ne soient pas conservées indéfiniment une fois la finalité remplie. Mettez en place une politique de rétention :
- Par exemple, les données de prospects non actifs peuvent être supprimées ou anonymisées au bout de 3 ans. Les logs techniques contenant des IP, purgés au bout de quelques mois. Les comptes clients inactifs, supprimés après X années d’inactivité (après alerte à l’utilisateur).
- Les cookies analytics, configurez-les pour expirer au bout de 13 mois maximum (conformément aux recommandations CNIL pour les mesures d’audience).
- Si des obligations légales vous imposent de garder certaines données un certain temps (ex : données de facturation pendant 6-10 ans pour des raisons comptables), veillez à les archiver de manière sécurisée une fois qu’elles ne sont plus activement utilisées.
Documentez ces durées dans votre politique de confidentialité et, idéalement, implémentez des mécanismes automatiques d’effacement. En minimisant ce que vous collectez et en purgeant régulièrement, vous réduisez d’autant l’exposition aux risques (et vous simplifiez la gestion des demandes de suppression des utilisateurs).
Checklist : Passez en revue chaque type de donnée collectée sur votre site : est-il indispensable ? Si non, supprimez-le du formulaire ou du process. Définissez une durée de conservation pour chaque catégorie de donnée et mettez en place des rappels ou automatisations pour effectuer les purges. Cette discipline de minimisation vous rendra plus conforme et plus efficace (moins de données inutiles à gérer).
6. Respecter les droits des personnes (accès, rectification, effacement…)
Le RGPD a renforcé les droits des individus sur leurs données. Tout utilisateur européen dont vous collectez les données dispose de droits qu’il doit pouvoir exercer facilement :
- Droit d’accès – possibilité de demander confirmation que vous détenez des données sur lui, et d’en obtenir une copie intelligible (dans un format compréhensible).
- Droit de rectification – possibilité de faire corriger une donnée inexacte le concernant (ex. modifier son email, son adresse…).
- Droit à l’effacement (“droit à l’oubli”) – possibilité de demander la suppression de ses données (dans certaines limites, si plus nécessaires ou si le consentement est retiré, etc.). Pour un site web, cela peut signifier supprimer son compte client et toutes les informations associées sur simple demande.
- Droit d’opposition – possibilité de s’opposer à certains traitements (par ex. opposition à recevoir de la prospection commerciale = se désinscrire d’une newsletter facilement).
- Droit à la limitation – gel des données le temps de résoudre un différend (moins courant pour un site classique).
- Droit à la portabilité – fournir les données brutes que la personne vous a fournies, dans un format exploitable et standard (CSV, JSON…), pour qu’elle puisse les transférer ailleurs.
Pour être conforme, votre site doit informer de ces droits et expliquer comment les exercer. En pratique, prévoyez un dispositif pour traiter ces demandes : un simple formulaire de contact dédié RGPD ou une adresse email (ex: dpo@votre-domaine.com) visible dans la politique de confidentialité. Assurez-vous que toute demande soit traitée dans les délais légaux (en général sous 1 mois). Pour les e-commerçants, intégrer une fonction “Supprimer mon compte” dans l’espace client peut faciliter le droit à l’oubli.
Veillez à bien authentifier la personne qui fait la demande (pour ne pas divulguer ou supprimer des données sur une usurpation d’identité). Une fois l’identité vérifiée, exécutez la demande et retournez-lui une confirmation. Conservez une trace de ces demandes (pour prouver que vous respectez bien les droits).
Checklist : Sur votre site, indiquez clairement comment un utilisateur peut exercer ses droits (email ou formulaire). Testez en interne : simulez une demande d’accès ou de suppression et voyez si vous pouvez y répondre facilement (où sont localisées les données à extraire ou effacer ?). Si l’exercice d’un droit est trop complexe techniquement, revoyez vos processus dès maintenant – ce sera trop tard en cas de mise en demeure de la CNIL. Enfin, formez vos équipes (support client, IT) à reconnaître et traiter ce type de demandes en priorité.
7. Choisir des outils conformes : souveraineté européenne et alternatives open-source
La conformité RGPD ne se joue pas seulement en interne sur votre site, mais aussi dans les choix de vos outils et prestataires. De nombreuses entreprises utilisent par habitude des services numériques populaires (Google Analytics, Google Tag Manager, Facebook Pixel, Mailchimp, etc.). Or, beaucoup de ces solutions, proposées par des entreprises américaines (Google, Meta/Facebook, Microsoft…) posent des problèmes de conformité dès lors qu’elles transfèrent des données d’utilisateurs européens vers les États-Unis sans protection adéquate, d’autant plus lorsque ces données sont traités à des fins publicitaires (ce qui est le cas pour Google et Meta).
Suite à l’invalidation du Privacy Shield par la Cour de Justice de l’UE en 2020 (arrêt Schrems II), tout transfert de données vers les USA est fortement encadré. En l’absence d’un cadre juridique satisfaisant, plusieurs autorités européennes ont jugé illégale l’utilisation de certains outils comme Google Analytics. Par exemple, la CNIL en France a estimé que les données collectées via Google Analytics et exportées aux USA violaient l’article 44 du RGPD, faute de garanties suffisantes contre l’accès par les renseignements. américains
Elle a mis en demeure les sites français d’arrêter d’utiliser ce service ou de le rendre conforme, et a explicitement appelé les responsables de sites à trouver des solutions alternatives offrant des garanties adéquates
En d’autres termes, tous les sites utilisant Google Analytics de manière similaire devaient considérer cette utilisation comme illégale et switcher vers des outils plus respectueux.
La CNIL et ses homologues soulèvent même la question “les entreprises ne devraient-elles pas n’utiliser que des solutions offertes par des sociétés européennes ?” – un signal fort en faveur de la souveraineté numérique de l’Europe.
Concrètement, comment agir ? Pour chaque service tiers intégré à votre site, évaluez son lieu d’hébergement des données et sa conformité RGPD. Privilégiez autant que possible des solutions hébergées en Europe, ou open-source que vous pouvez auto-héberger, afin de garder le contrôle sur les données. Voici quelques exemples d’alternatives :
- 🔍 Mesure d’audience : En remplacement de Google Analytics (dont les données sont hébergées aux USA), tournez-vous vers des outils open-source ou européens. Par exemple, Matomo ou Plausible sont deux solutions d’analytics respectueuses de la vie privée, que vous pouvez héberger vous-même ou via des serveurs EU, et qui ne transfèrent pas de données à des tiers sans consentement. Elles offrent des statistiques d’usage sans exploiter les données à des fins publicitaires externes.
- 📊 Tag Manager : Plutôt que Google Tag Manager, envisagez des gestionnaires de tag auto-hébergés ou réduisez le nombre de tags tiers au strict minimum. Matomo propose par exemple un module Tag Manager intégré. Moins vous dépendez de scripts de tiers, plus votre conformité sera maîtrisée.
- ✉️ Emailing / Newsletter : Si vous utilisez des services comme Mailchimp (USA) pour envoyer des newsletters, sachez que des alternatives européennes existent (ex: Sendinblue, Mailjet – entreprises françaises – ou des solutions open-source comme Listmonk, à héberger). Elles garantissent que les données de vos abonnés restent en UE.
- 📍 Cartographie : Vous intégrez un plan via Google Maps ? Son utilisation entraine un contact avec les serveurs de Google (et donc une collecte d’IP). À la place, vous pouvez intégrer une carte basée sur OpenStreetMap (open data) via des librairies comme Leaflet, ou utiliser des services cartes européens.
- 🔒 CAPTCHA anti-spam : Les “I’m not a robot” de Google reCAPTCHA envoient beaucoup de données de navigation à Google. En alternative, tournez-vous vers des solutions plus respectueuses comme hCaptcha (les données restent anonymes et vous pouvez choisir des serveurs EU) ou FriendlyCaptcha (startup européenne proposant un captcha conforme RGPD, pouvant être auto-hébergé).
- 🎥 Vidéos intégrées : Une vidéo YouTube intégrée va déposer des cookies et transférer des données à Google. Pour rester conforme, intégrez les vidéos en utilisant le “mode confidentialité avancée” de YouTube ou utilisez des plateformes vidéo européennes ou open-source (par ex. PeerTube pour héberger vos propres vidéos, ou Vimeo en configurant le respect du suivi). Au minimum, bloquez le chargement du player tiers tant que l’utilisateur n’a pas consenti aux cookies.
- 🖋️ Polices de caractère : Évitez d’appeler les Google Fonts via l’API Google sur votre site (pratique pourtant courante). Cela envoie l’adresse IP de l’internaute à Google sans consentement. La solution est simple : hébergez ces polices en local sur votre serveur.
Cette démarche s’inscrit dans une volonté de défendre la souveraineté européenne en matière de données personnelles. En réduisant la dépendance aux géants du numérique non-européens, vous protégez mieux la vie privée de vos utilisateurs et vous vous alignez sur l’esprit du RGPD. De plus, les solutions open-source offrent souvent plus de transparence (code auditable par la communauté) et peuvent être adaptées finement à vos besoins, sans compromis sur la confidentialité.
Checklist : Dressez la liste de tous les services et outils tiers utilisés par votre site. Pour chacun, vérifiez : où sont stockées les données ? Y a-t-il un transfert hors UE ? Le fournisseur a-t-il des clauses contractuelles ou certifications type Privacy Shield (désormais invalidé) ? Remplacez les outils à risque par des alternatives conformes : analytics hébergé en Europe, formulaires maison plutôt que Google Forms, solution de paiement respectant la RGPD (PSP européen), etc. Ce choix technologique est stratégique : en plus d’être conforme, il vous différenciera de concurrents moins vertueux sur la data, et de surcroît, il valorise l’écosystème numérique européen.
8. Privacy by Design : intégrer le RGPD dès la conception et en continu
La conformité n’est pas qu’un projet ponctuel mais un processus continu. Adoptez le réflexe Privacy by Design – c’est-à-dire prendre en compte la protection des données dès la conception de toute nouvelle fonctionnalité du site ou application. Pour les DSI et équipes projets, cela signifie :
- Intégrer systématiquement une analyse d’impact sur la vie privée (AIVP) pour les nouveaux projets traitant des données sensibles ou massives. Le RGPD la rend obligatoire dans certains cas à risque élevé. Même si ce n’est pas formellement requis, cet exercice aide à identifier d’emblée les mesures de protection à mettre en place.
- Choisir par défaut les réglages les plus protecteurs. Par exemple, si vous lancez une nouvelle fonctionnalité sociale sur votre site, assurez-vous que par défaut le profil utilisateur soit privé, que le partage de données soit opt-in, etc. (Privacy by Default).
- Documenter vos décisions : tenez à jour votre registre des traitements et la documentation de conformité (politiques internes, preuves des consentements recueillis, contrats avec les sous-traitants incluant des clauses RGPD…). Cette documentation sera votre alliée pour démontrer votre conformité en cas de contrôle (principe d’accountability).
- Former et sensibiliser en continu vos équipes. Assurez-vous que les développeurs, les chefs de produit, les marketeurs comprennent les enjeux privacy et connaissent les bons réflexes. Un employé informé est votre meilleure défense contre les erreurs (comme exposer des données par mégarde, ou utiliser un service non conforme).
La conformité doit devenir une seconde nature dans votre organisation. Pour les grandes entreprises, nommez un DPO (Data Protection Officer) si ce n’est pas déjà fait (c’est obligatoire dans de nombreux cas, et vivement conseillé dans tous). Le DPO pourra piloter ces initiatives Privacy by Design, réaliser des audits réguliers, et servir de point de contact avec les autorités et les utilisateurs sur les questions de données.
Checklist : Intégrez le RGPD dans votre gouvernance IT et métier. Avant de déployer une nouvelle collecte de donnée, posez-vous : est-ce conforme ? A-t-on réellement besoin de ces données ? Les personnes en sont-elles informées ? Gardez une culture de la protection des données vivante (sessions de sensibilisation, actualités CNIL partagées en interne). Le RGPD n’est pas qu’une contrainte légale : c’est aussi une opportunité d’améliorer vos processus et de renforcer la confiance de vos clients.
Checklist récapitulative de conformité RGPD pour votre site web

Pour vous aider à faire le point, voici une checklist synthétique des actions à entreprendre pour un site web conforme au RGPD :
- Inventaire des données : Vous avez listé toutes les données perso collectées sur le site, leurs finalités et emplacement de stockage. (Registre des traitements à jour.)
- Informations légales : Vous affichez des mentions légales claires et une politique de confidentialité complète, accessible et compréhensible de tous.
- Consentement cookies : Un bandeau de consentement conforme est en place ; aucun cookie non essentiel n’est déposé sans choix explicite de l’utilisateur.
- Sécurité : Le site est en HTTPS, à jour, sécurisé contre les failles ; les données sont protégées (chiffrement, accès restreints) et un plan de gestion des incidents est prêt.
- Minimisation : Seules les données nécessaires sont collectées ; les formulaires sont allégés au maximum et aucune donnée superflue n’est stockée.
- Durées de conservation : Des durées de rétention sont définies et appliquées ; les anciennes données sont archivées ou supprimées selon le planning prévu.
- Droits des personnes : Les utilisateurs peuvent facilement exercer leurs droits (accès, suppression, etc.) et vous êtes organisé pour y répondre sous 30 jours.
- Choix des outils : Vous avez audité vos outils tiers. Les solutions à risque (Google & co) sont remplacées par des alternatives hébergées en Europe ou open-source. Vos prestataires et sous-traitants s’engagent contractuellement à respecter le RGPD.
- Privacy by Design : La protection des données est intégrée dans vos nouveaux projets. Un DPO pilote la conformité et vos équipes sont sensibilisées en continu.
- Documentation : Vous conservez les preuves de consentements, contrats, politiques et registres à jour pour démontrer votre conformité à tout moment.
En suivant cette checklist, vous couvrez l’essentiel des exigences RGPD applicables à un site web. N’hésitez pas à la parcourir régulièrement et à la compléter en fonction de l’évolution de votre site et de la réglementation (les lois peuvent changer, restez en veille via la CNIL ou votre DPO).
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